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Reçit de voyages : mission au Guatemala

Jeudi 5 août 15h, aéroport CDG. Nous décollons pour Guatemala City. Ainsi commence cette aventure dont nous ne mesurons pas encore l’ampleur.

11h plus tard nous arrivons enfin. Il est minuit, pas une seconde à perdre pour rejoindre notre auberge, nous avons notre bus à 5h.
« Moins de 4h de sommeil ? Oh ça passe ! Et puis on pourra dormir, on a quoi 7h, de quoi se faire une bonne
nuit ! » Bon nous avons été optimistes, c’était sans compter sur le fait que nous allions nous retrouver dans un bus scolaire entièrement pimpé avec de la musique locale à fond et qu’ici la banquette du bus n’est pas pour 2 mais plutôt pour 3 voire 4 ! « Ça vient donc de là leur nom, les Chicken bus »
Nous y voilà enfin ! Uspantan, petite ville mais malgré tout la plus grande des environs. Aucun touriste, même au sein de l’hôtel auquel nous choisissons de séjourner à 4€ la nuit, pour une chambre avec lit double. A peine le temps de s’installer et même pas de manger que nous rencontrons Josefa, notre contact à Uspantan pour la mission. Elle vient nous chercher pour nous conduire avec sa voiture dans le premier hameau. Nous rentrons alors dans une maison remplie d’une vingtaine de villageois.
Puis, contre toute attente et sans nous avoir prévenu, elle nous explique que les villageois vont venir nous présenter leurs projets à tour de rôle, dont nous devons prendre connaissance afin de leur prêter de l’argent à terme. Alors ok nous étions au courant de la mission mais pour nous le premier jour serait juste une réunion sur le déroulé de la mission.
C’est ainsi que, muni de notre espagnol plus que bancal et enterré depuis trois ans, nous nous retrouvons à décider du futur de ces personnes. Élevages de poules, cochons, vaches, chèvres, dindons, des plantations de tomates, haricots, maïs, artisanat de bois, métal, revente de produits en tous genres…
Les projets défilent les uns après les autres, à raison de longues minutes chacun pour en acquérir une compréhension raisonnable.
Après 4 heures pas des plus simples, nous rentrons à l’hôtel fatigués. Maintenant que nous savons ce qui nous attend, nous devons être bien plus organisés. Plus question de poser des questions au hasard et d’écrire quelques notes dans un fichier. A partir de maintenant, tous les projets seront enregistrés sur Excel et organisés par type de projet. Après quelques ajustements le matin, nous gagnons en efficacité et en pertinence malgré le fait que les villageois, ne sachant pas écrire, n’étaient cette fois même pas muni d’une fiche présentant leurs projets. Tout se fera à l’oral !

 

Lundi 9 août 14h, nous venons de finir de rencontrer les derniers bénéficiaires. Notre mission n’est pas finie, demain 8h nous devons avoir tous les contrats imprimés
avant de refaire notre tournée.
Nous disposons de quelques heures pour répartir 200 000 Qz en plus de 150 projets. Si le total des prêts demandés correspondait à cette somme, ça serait facile, sauf que si on additionne toutes les demandes on est plus proche des 1 million. Il va donc falloir étudier chaque projet, un par un, pour attribuer la somme la plus juste. Nous qui sommes loin du monde business ça ne nous a pas fait de mal d’apprendre à calculer les coûts, les revenus, les bénéfices…
On pourra aussi rajouter gestion de situation de crise sur notre CV. Quant à 22h on se rend compte que nous n’avons plus de logiciel pour éditer les 300 pages de contrats, il faut vite trouver des solutions. Nous avons appris qu’on peut remplir les contrats en quelques minutes avec
Excel. A quoi bon faire des cours d’info ! Ça aura quand même pris la nuit pour créer l’algorithme.

 

Mardi 10 août 12h, les contrats sont signés, nous faisons nos adieux à Josefa. C’est peut-être la fin de notre mission mais encore le début de notre séjour.